La constipation chez le nourrisson est une préoccupation légitime pour les jeunes parents. Vous voyez votre bébé souffrir, pleurer ou avoir du mal à évacuer des selles, et l’inquiétude monte vite. Bonne nouvelle, dans la grande majorité des cas, il s’agit de troubles passagers.
L’alimentation, et en particulier le lait infantile, joue un rôle central. Alors, autant comprendre ce qui se passe pour agir avec calme et efficacité. Nous vous donnons les clés pour identifier les signes, comprendre les causes et trouver des solutions douces pour soulager un bébé constipé.
Qu’est-ce que la constipation du nourrisson ?
Dans les premières semaines de vie, les bébés développent doucement leur rythme digestif. Il peut varier d’un enfant à l’autre, ce qui amène parfois les parents à s’interroger : et si mon bébé était constipé ?
Ce questionnement revient souvent, surtout lorsqu’on commence à changer de lait ou à observer une fréquence inhabituelle des selles. Mais pas de panique, il est normal que le transit des tout-petits évolue au fil du temps.
Certaines situations méritent d’être observées de plus près, surtout si vous suspectez un lien entre un lait infantile et la constipation du nourrisson. Avant de tirer des conclusions hâtives, mieux vaut comprendre ce qu’on appelle vraiment la constipation chez les bébés.
Chaque nourrisson a son propre rythme digestif. Ce qui compte, c’est d’observer votre enfant dans sa globalité : est-il gêné ? Pleure-t-il plus que d’habitude ? Son comportement a-t-il changé ?
Consultez votre professionnel de santé pour un diagnostic sûr et agir de la meilleure des manières ensuite.
Constipation passagère ou chronique : faire la différence
Chez les nourrissons, il est possible d’observer des périodes où le transit ralentit, sans que cela soit systématiquement préoccupant. La constipation passagère est souvent liée à des événements courants comme un changement de lait, l’introduction de nouveaux aliments ou la maturation progressive du système digestif. Ces épisodes sont généralement temporaires et peuvent se résorber spontanément, parfois avec quelques ajustements alimentaires, toujours sous l’avis d’un professionnel de santé.
En revanche, lorsque les troubles persistent, il est important de s’appuyer sur une définition médicale précise. Selon les critères de Rome IV, la constipation est caractérisée par la présence d’au moins deux symptômes parmi les suivants : des selles peu fréquentes, des selles dures, des efforts importants pour évacuer, une sensation d’évacuation incomplète ou des difficultés répétées lors de l’exonération, et ce sur une durée prolongée.
Lorsque ces signes s’installent dans le temps, avec une gêne durable, des selles difficiles à évacuer ou un inconfort marqué lors de la digestion, il peut s’agir d’une constipation chronique. Dans ce cas, il est essentiel de ne pas rester seul avec ses interrogations et d’en parler à un professionnel de santé, qui pourra évaluer la situation, rechercher d’éventuels signes d’alerte et proposer une prise en charge adaptée.
3 causes possibles de constipation chez le nourrisson
La constipation ne vient pas d’une seule raison. Elle résulte souvent d’un mélange de facteurs liés à l’alimentation, à l’hydratation ou au développement digestif. Pas de culpabilité à avoir, ce n’est pas une erreur de parent, c’est une réalité fréquente du quotidien.
Cause 1 : l’alimentation et le type de lait infantile
L’alimentation joue un rôle central dans le transit du nourrisson, et le type de lait consommé peut influencer la digestion. Le lait maternel et le lait infantile n’ont pas la même composition, ni le même temps de digestion.
Le lait maternel est généralement digéré plus rapidement par l’organisme du bébé, grâce à sa composition naturellement adaptée à ses capacités digestives. À l’inverse, le lait infantile, élaboré à partir de protéines de lait de vache modifiées, peut parfois être digéré plus lentement par certains nourrissons.
Cette digestion plus longue peut, chez certains bébés, entraîner un ralentissement du transit et des selles plus difficiles à évacuer. Cela ne signifie pas que le lait est inadapté ou de mauvaise qualité, mais simplement que chaque nourrisson réagit différemment selon sa sensibilité digestive.
En cas de gêne persistante, l’avis d’un professionnel de santé permet d’identifier la solution la plus adaptée aux besoins de votre bébé, en toute sérénité.
Cause 2 : l’hydratation et l’apport en liquides
Chez le nourrisson, l’hydratation dépend en grande partie de la quantité de lait consommée. C’est par le lait que bébé reçoit l’essentiel de l’eau dont il a besoin pour assurer un transit régulier. Une quantité trop faible ou des biberons trop espacés peuvent parfois contribuer à durcir les selles et rendre leur évacuation plus difficile.
Les besoins varient selon l’âge, le poids et le rythme de chaque enfant. Si vous vous demandez quelle quantité de lait donner à votre bébé à chaque étape de sa croissance, lisez notre article sur le sujet.
Cause 3 : la maturité du système digestif
Chez le nourrisson, la constipation est le plus souvent liée aux évolutions de l’alimentation, davantage qu’à une immaturité du système digestif. Avant 6 mois, un changement de lait infantile peut suffire à modifier la consistance ou la fréquence des selles.
Entre 6 et 12 mois, l’introduction progressive des aliments solides lors de la diversification alimentaire peut également entraîner un transit plus lent, le temps que l’organisme s’adapte à de nouvelles textures et à une composition différente des repas.
Après 12 mois, lorsque l’alimentation se rapproche de celle de l’adulte, certains ajustements alimentaires restent parfois nécessaires pour favoriser un transit plus régulier.
Lait et constipation chez le nourrisson : que faut-il vraiment savoir ?
Le lien entre lait et constipation existe, mais il n’est pas automatique. Le lait constitue l’alimentation principale du nourrisson, et sa composition peut effectivement influencer la digestion. Cependant, tous les bébés ne réagissent pas de la même manière selon le type de lait : certains le digèrent très bien, d’autres peuvent voir leur transit ralentir. Il est donc essentiel de comprendre les différences entre lait maternel et lait infantile, sans tirer de conclusions hâtives.
Le lait maternel, un allié du transit
Le lait maternel reste l’aliment idéal et naturel du nourrisson. Lorsqu’un bébé est allaité, les épisodes de constipation sont généralement rares. Le lait maternel contient naturellement du lactose, est riche en enzymes, en oligosaccharides et en composants bioactifs qui participent à l’équilibre du microbiote intestinal. Ce lait s’adapte jour après jour aux besoins spécifiques de l’enfant, ce qui en fait un soutien naturel pour la digestion.
Mais toutes les mères ne peuvent ou ne souhaitent pas allaiter, et il est utile de rappeler que le lait infantile constitue une alternative viable et la seule possible. Que ce choix soit lié à des raisons médicales, personnelles ou organisationnelles, il mérite d’être respecté sans jugement.
Aujourd’hui, les formules infantiles ont considérablement évolué. Leur composition, strictement encadrée, peut néanmoins varier selon les formules. Ces différences peuvent influencer la manière dont chaque nourrisson digère son lait, en fonction de sa sensibilité digestive et de son stade de développement.
Si vous observez des signes de constipation après un changement de lait, évitez de modifier la formule de votre propre initiative. Le plus sûr reste de consulter un professionnel de santé, qui pourra vous aider à identifier une formule adaptée aux besoins de votre enfant, sans risque ni inconfort inutile.
4 solutions douces pour aider un nourrisson constipé
Il existe des gestes simples qui peuvent soulager un nourrisson constipé. Et pas besoin d’interventions compliquées : ce sont souvent les petites attentions qui font la différence.
Faire le point sur le lait, avec un avis médical
Si vous suspectez un lien entre le lait infantile et la constipation de votre bébé, ne changez pas de formule sans accompagnement. Certaines compositions peuvent convenir à un bébé, et moins à un autre. Un professionnel pourra vous guider vers un lait adapté, selon les besoins spécifiques de votre enfant, sans perturber son équilibre digestif.
Stimuler le transit avec des gestes doux
Les massages circulaires sur le ventre, dans le sens des aiguilles d’une montre, sont souvent très appréciés des nourrissons. Ils permettent de détendre et de favoriser le mouvement intestinal. Autre geste efficace : faire pédaler doucement les jambes du bébé. Ces mouvements simples participent à réactiver en douceur son transit.
Diversification alimentaire et hydratation maîtrisée
Entre 4 et 6 mois révolus, la diversification alimentaire débute, avec l’introduction progressive d’aliments solides. C’est une étape importante pour le système digestif encore en construction. Une eau faiblement minéralisée est à privilégier, en complément du lait, qui reste l’aliment principal jusqu’à un an.
Côté alimentation, certains aliments sont naturellement favorables au transit intestinal :
→ Les légumes verts (haricots, courgettes, brocolis)
→ Les fruits riches en fibres comme la poire, la prune, la pomme ou l’abricot, idéalement en compote
→ Les légumineuses (lentilles, pois cassés) introduites petit à petit
→ Certaines céréales complètes (par exemple riz ou blé)
Ces aliments, bien tolérés par le nourrisson, peuvent compléter efficacement l’apport en lait infantile ou lait maternel, tout en soutenant une digestion plus fluide.
Créer un cadre rassurant au quotidien
Le rythme de vie du bébé influence aussi son bien-être digestif. Des rituels simples peuvent l’aider à se sentir en sécurité : moments calmes pour les repas, instants de détente après le biberon, environnement apaisé au quotidien. Ces routines, même discrètes, favorisent un transit plus régulier et une meilleure tolérance alimentaire.
Ce qu’il faut retenir de la constipation de bébé
La constipation chez le nourrisson peut inquiéter, mais elle reste bien souvent passagère et sans gravité. Chaque bébé a son propre rythme, et de nombreux facteurs comme l’alimentation, l’immaturité digestive ou l’ environnement, peuvent influencer son transit. En cas de doute, l’accompagnement d’un professionnel de santé reste la meilleure démarche.
Qu’il s’agisse d’allaitement maternel ou de laits infantiles, l’objectif est toujours de répondre aux besoins de votre bébé avec bienveillance et sans culpabilité. Il existe aujourd’hui une gamme de laits infantiles variée, pensée pour accompagner chaque étape du développement, tout en respectant la sensibilité digestive des tout-petits.
Écouter votre enfant, observer son bien-être, et vous faire confiance, voilà les clés d’un accompagnement serein au quotidien.